Détournement de 3 milliards du PPEA à la DG/Eau : L’urgence de la saisie conservatoire des biens des personnes soupçonnées

Opérer dans les plus brefs délais une saisie conservatoire sur les biens de toutes les personnes suspectées dans le dossier de détournement de 3 milliards du PPEA à la DG/Eau. C’est à cette mesure qu’est aujourd’hui contraint le Gouvernement du Dr Boni Yayi s’il veut jouer franc jeu, récupérer l’argent volé et prouver à l’opinion publique sa volonté de lutter contre la corruption et l’impunité dans notre pays.

L’affaire de détournement de 3 milliards du Projet pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA II) financé par les Pays-Bas a obligé le Gouvernement béninois à réagir de façon vigoureuse pour rassurer l’opinion publique nationale et internationale. C’est ainsi que dans son communiqué daté du 12 mai 2015, il est mentionné ce qui suit : « Le Président de la République porte à la connaissance du peuple béninois et de tous les partenaires techniques et financiers que des sanctions exemplaires seront prises à l’encontre de quiconque sera impliqué dans la confirmation de ces graves irrégularités par le cabinet international d’audit d’investigation dont les travaux démarreront sans délai. Ceux que le cabinet mettra en cause seront contraints de rembourser les fonds détournés sans exclure les poursuites judiciaires. ». S’il faut louer cette volonté clairement affichée du Gouvernement de faire rendre gorge à toutes les personnes qui ont trainé le nom du Bénin dans la boue en détournant ces fonds mis à la disposition de notre pays par les Pays-Bas, ce communiqué gouvernemental devrait automatiquement être suivi de la mise en place d’une commission spéciale chargée d’inventorier les biens de toutes les personnes suspectées dans ce dossier. Cette commission devrait être composée tant des cadres désignés au sein des structures compétentes de l’Etat (IGE, ANLC..), de représentants des Pays-Bas et des représentants des organisations de la société civile spécialisées dans la lutte contre la corruption (Fonac, Alcrer, Social Watch…). Cet inventaire des biens des personnes suspectées doit être suivi d’une décision de saisie conservatoire jusqu’à ce que toutes les responsabilités soient situées et qu’on sache ce que chaque personne incriminée doit payer. Ces personnes qui, pour le moment doivent être considérée comme innocentes, sont notamment le Ministre de l’Energie et de l’Eau, la Drfm du ministère de l’Energie et de l’Eau, le DG/Eau, le coordonnateur du PPEA, le Daf DG/Eau, le comptable DG/Eau et tout le bataclan qui gravite autour de ces personnes suspectées. Sans oublier les nombreux opérateurs économiques cités comme bénéficiaires de ces détournements dont le plus célèbre, Rémi Kodo.

A la vérité, vue l’ampleur de l’affaire, cette action s’avère de la plus haute urgence afin que les personnes suspectées ne parviennent à dissimuler les biens indument acquis avec l’argent détournés. Autrement, l’Etat ne pourra jamais récupérer l’argent volé. Car, la plupart des personnes incriminées sont des agents de l’Etat qui ne pourront jamais rembourser avec leurs salaires l’argent volé.

C’est dire qu’au-delà des déclarations d’intention du Gouvernement, une prompte réaction de sa part est attendue. Car les informations sur ces biens sont disponibles et devront être rapidement exploitées pour le bien du contribuable béninois.

 Crépin BOSSOU

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